Cela fait maintenant trois mois que je ne me suis pas déplacée pour un reportage. Cela m’a fait tellement bizarre que la fanm Jakmèl que je suis ait loupé l’adresse de Le Villate ! Dire que je m’y suis rendue à de nombreuses reprises. Ce virus a ses conséquences sur nos vies à tous. Pis, les rues de Pétion-Ville, m pa janm fin konnen yo vre. Du coup, j’ai dû faire un tour du pâté de maisons pour enfin me garer devant le local de Le Villate. Cinq minutes après, je rencontre monsieur Renaud
Retraçant l’histoire de cette salle de spectacle renommé du paysage culturel haïtien, Eddy Renaud nous campe d’emblée l’histoire d’une passion ayant pris chair. « On voulait créer un endroit décent où le musicien trouvera tout ce dont il a besoin pour une prestation correcte et standardisée. Je pense qu’on a dépassé ce qu’on avait en tête comme idée de base », indique le gestionnaire, tout en précisant que l’idée de départ voulait que la salle de spectacle de Le Villate soit rentable pour le musicien. « Quand l’artiste vient à Le Villate, il a accès à un package à un prix plus que raisonnable », continue-t-il. Et c’est dans cette même logique que les packages Covid-19 (comme je me plais à les appeler) ont pris naissance. Avant la pandémie, nous avons connu les épisodes de lòk puis l’insécurité causant la fermeture ou la réduction des activités de plusieurs entreprises de restauration, boîtes de nuit ou salles de spectacle. Le Villate n’a pas été épargné. L’entreprise est restée fermée pendant trois mois en 2019. « Durant toute cette période d’instabilité, des emplois sont partis en fumée. Puis la Covid s’est installée. Il fallait créer un concept nous permettant de continuer à mener notre mission de faciliter la tâche aux artistes et permettre à des professionnels de se faire un peu d’argent. Avec la Sonomix, on a décidé qu’il fallait aller vers les gens », nous explique Eddy Renaud.





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