L.N.: Définitivement enseigner en Haïti est un drame.
Dieulermesson Petit-Frère : Enseigner en Haïti a toujours été un drame. Personne ne l’a jamais compris ou plutôt n’a cherché à le comprendre – les décideurs en premier. Le drame, pour reprendre une phrase du roman « Le chant des blessures » de Sybille Claude, « c’est le quotidien des masses. Ces hommes et ces femmes sans lendemain que la vie piétine au quotidien ». C’est le cas des enseignants que tout le monde semble ignorer, alors que c’est sur eux que semble reposer tout le poids du système éducatif. Bien souvent, je me demande si les dirigeants de ce pays –alors ceux qui ont été sur les bancs de l’école bien entendu – (ceux qui sont nés et qui ont grandi ici) ont jamais pris le temps de porter un regard en arrière, sur leur passé, les chemins difficiles et tortueux qu’ils ont parcourus, enfin sur la situation (de misère et de honte) des professeurs qui les ont formés... Bref, ce n’est pas moi qui vais vous raconter l’histoire d’un cadre supérieur de la fonction publique dont la mère, institutrice de cours du soir, vit grâce à l’assistance des bonnes âmes charitables de son quartier.






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