Le poème de Jacques Roche gravé dans «Vent de liberté», le troisième volume de la série de CD qu’il a sorti avant sa mort, est prémonitoire. Ce poète qui a vu le jour à Cavaillon, département du Sud d’Haïti, le 21 juillet 1961, a été kidnappé, torturé, maltraité par ses ravisseurs. Un drame qui plonge la cruauté de la réalité quotidienne de ce pays dans notre mémoire.

Lors des funérailles du poète chantées le jour de son anniversaire, le 21 juillet 2004, en l'église Saint-Pierre, Pétion-Ville, Frankétienne avait déclaré ce jour-là : « Jacques était habité par cette voyance dont a parlé Arthur Rimbaud. Le poète est essentiellement un homme de voyance, de prémonition, un homme avec des antennes. Tous les poèmes qu'il a écrits ont prédit sa mort, son supplice, son sacrifice… Les douleurs de Jacques... Quatre jours, ce n'est pas quatre heures. Quatre jours de souffrance ! Et tous les poèmes de Jacques, à travers cette voyance mystérieuse qui habite les poètes… Jacques savait…, il les a vécus bien avant nous. Jacques savait tandis que ses bourreaux, des idiots, les marionnettes ne savaient pas. Et jusqu'à présent, elles ne savent pas. Elles ne savent rien.»