La FBH, ayant constaté entre autres que depuis l’adoption de la loi sur l’assistance légale le 10 septembre 2018 aucune mesure n’est prise par le pouvoir exécutif pour constituer et installer le conseil d’administration du CNAL, est sortie de sa réserve et a adopté la résolution 2020-05 pour fixer sa position. Votée à l'unanimité par le conseil d’administration de la FBH, cette résolution : «1) rappelle au pouvoir exécutif l’impérieuse nécessité de procéder sans délai à l’installation du Conseil national d’assistance légale afin de rendre fonctionnelle cette institution et de garantir effectivement le principe de l’accès à la justice en faveur des plus démunis ; 2) demande aux institutions internationales de conditionner leur appui technique et financier à l’installation des Bureaux d’assistance légale (BAL) au respect des dispositions prévues par la loi sur l’assistance légale ; 3) déclare que les bâtonniers des dix-huit juridictions du pays ne participeront pas à l’installation irrégulière par l’État de Bureaux d’assistance légale (BAL) dans leurs juridictions tant que le conseil d’administration ne sera pas en mesure de garantir la légalité et la transparence du processus dans son ensemble.»

Dans les visas de cette résolution, la FBH cite la Constitution amendée, la convention américaine relative aux droits de l’homme, le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, mais aussi et surtout des prescrits de la loi sur l’assistance légale adoptée le 10 septembre 2018 et publiée dans le journal officiel Le Moniteur le 26 octobre 2018. Selon les articles 19 et 20 de cette loi : « Le Conseil national d’assistance légale (CNAL) dispose d’un organe délibérant qui est le conseil d’administration et d’organes exécutifs comprenant la direction générale et les bureaux d’assistance légale (BAL) ». « Le CNAL est dirigé par un conseil d’administration composé de cinq membres : 1) Le ministre de la Justice et de la Sécurité publique, président ; 2) Le Protecteur du citoyen, vice-président ; 3) Le ministre de l’Economie et des Finances ou son représentant, membre ; 4) Le président de la Fédération des barreaux d’Haïti, membre ; 5) Un représentant du CSPJ, membre. Le directeur général du CNAL fait office de secrétaire exécutif au sein du conseil sans voix délibérative ». Elle mentionne aussi les principes et lignes directrices des Nations unies sur l’accès à l’assistance juridique dans le système de justice pénale adoptés en 2013, qui font obligation à l’Etat de ne « ni s’ingérer dans l’organisation de la défense du bénéficiaire de l’assistance juridique, ni porter atteinte à l’indépendance du prestataire d’assistance juridique ».