Établie à New York, État frappé de plein fouet par la pandémie du coronavirus, Emeline, comme des milliers d’autres, a dû vite s’adapter. « Tous les repères ont changé. Le défi pour moi est d’en réinventer d'autres... », témoigne-t-elle. « C’est une période très étrange ! Au lieu de faire tomber les masques, on se doit de les rajuster », note la chanteuse, soulignant au passage que c’est aussi la première fois qu’elle n’a pas pris l'avion pendant plus de 4 mois. Mais l’artiste en elle n’a pas pour autant chômé. En mai dernier elle a offert à son public la chanson « Chanjman » qui a aussi été vidéoclippée. « Un super accueil ! Avec des mentions dans le Daily News, Caribbean News, avec quelques retombées de mes droits d'auteurs qui me rassurent que la musique est encore écoutée. Je ne saurais me plaindre, Dieu merci ! », lâche-t-elle, reconnaissante envers son public. Et, tenez-vous bien, la diva ajoute : « Il y a aussi un album très avancé qui devrait suivre, reste à faire des enregistrements avec une chorale en Israël, au Canada et en Haïti. Je suis à l'écoute du temps pour identifier le bon moment. » Vivement que ce bon moment arrive, quoi !
Mais en attendant, Emeline nous sert un concert en ligne. Un concert en grande partie motivé selon elle par « le besoin d’être », car « un créateur qui ne crée pas est pareil à un oiseau auquel on a coupé les ailes ». La grande dame de la musique haïtienne confesse toutefois qu’un spectacle sans spectateurs ne l’avait pas beaucoup tentée au début. « Je suis née du live. Le rire et les applaudissements d'un public me nourrissent. La vibration, la force, la fragilité même de cette communion sont incomparables au spectacle filmé », explique-t-elle. Mais s’adaptant au nouveau normal, elle s’est laissé convaincre par « l'envie de partager un moment très spécial avec mes musiciens qui sont des perles rares et offrir ce cadeau à des amants de la musique ». De plus, à ses yeux, il s’agit d’un échange guérisseur d'un côté de la vitre comme de l’autre. Un concert virtuel gratuit ; une lettre d’amour à son pays comme on peut le lire sur l’affiche. Cette affiche s’inscrit pour la star sous le signe de la gratitude. « J'ai reçu en cadeau de très belles chansons de mon pays. Être née en Haïti m'a aussi appris la défiance, le fait même de perdurer malgré les adversités pendant plus de trente ans sur scène dans ce métier très difficile partout. Ce spectacle est une offrande, un geste entier, sans attente. Bien sûr, on accueillera avec reconnaissance toute générosité. C'est extrêmement dispendieux d'absorber les coûts pour la réalisation d'un tel plateau. Mais pour moi, c'est tout ou rien. Je n'ai pas compté. Le public peut discerner que le jour où je n'aurai pas envie de m'investir, je m'arrêterai », insiste l’interprète de « Mèsi Lavi ». Émeline en profite pour remercier Gahri Lubin et Rigaud Simon, pour leur confiance en sa vision ; le ministère de la Culture et de la Communication et ses supporters dont Kwizine art, Haup qui permettent d'alléger le poids du spectacle et aussi toutes les plateformes de diffusion.






Commentaires
Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à réagir.