Me Monferrier Dorval l’a dit avant son assassinat: Haïti n’est ni administré ni dirigé. La détérioration des conditions sécuritaires du pays depuis samedi ne lui donne-t-il pas raison ? Lundi soir, au Bel-Air, non loin du Palais national et des bases de plusieurs unités spécialisées de la Police nationale d’Haïti, on craint un nouveau massacre. De l’assassinat de Me Monferrier Dorval à l’attaque armée contre la population de Bel-Air, plusieurs personnes ont été tuées par balle dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince, dont des policiers. C’est la preuve que l’insécurité gagne du terrain et que les forces de l’ordre sont dépassées par les évènements. Ni l’opération Terminator I ni l’alerte maximale lancée par la PNH n’ont freiné l’action des bandits.  

Même après cette vague d’assassinats spectaculaires dans la capitale haïtienne, on ne sent aucune volonté des autorités policières de reprendre le contrôle de la situation. La présence policière n’est pas plus visible qu’avant dans les rues. Les citoyens se sentent livrés à eux-mêmes. Ce n’est plus une impression quand on a constaté ce qui s’est passé au Bel-Air au vu et au su des autorités politiques et policières, ce en dépit des appels au secours lancés à travers les médias traditionnels et sur les réseaux sociaux.