En l’espace de deux semaines, le Premier ministre Joseph Jouthe a été appelé en deux fois à la rescousse du ministre des Travaux publics, Nader Joiséus, qui s’est encore mis à dos la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif, organisme chargé entre autres de donner son avis motivé sur tous les projets de contrats, accords et conventions à caractère financier, commercial ou industriel auxquels l’État est parti. Le Premier ministre est non seulement venu pour calmer le jeu, discuter avec son ministre durant quelques minutes, mais aussi pour obtenir l’autorisation de la Cour afin que Nader Joiséus, planqué dans sa voiture, surveillée par trois sbires, en civil, cagoulés et armés, puisse quitter les locaux.
C'est une « situation inédite », s'étonne le président du conseil de la Cour des comptes, Rogavil Boisguéné. Pour retracer le film des évènements, Me Boisguéné rapporte que le ministre est arrivé à la CSC/CA dans l’après-midi. Deux minutes après avoir été informé de sa présence, il a eu connaissance d’un vacarme au centre de réception et de traitement des contrats de l’État, un espace stérile. « Le ministre est venu avec des hommes armés encagoulés, avec deux chaînes de télévision et d’autres personnes pour filmer et prendre des photos des employés. Il a même pu pénétrer un espace où sont entreposés les dossiers sensibles de la Cour auxquels je n’ai pas accès », a-t-il fait savoir tour à tour au juge de paix, au Premier ministre et à un journaliste.






Commentaires
Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à réagir.