L’absence d’un organisme ou Conseil électoral permanent qui ne permet aucune planification s’ajoute à la durée des mandats électifs qui grève le pays depuis plus de trois décennies. Toute une sociologie empirique a montré combien ces questions étaient matricielles, fondamentales, mais il m’apparaît qu’une histoire contextualisée du Parlement, des sources de financement des partis politiques et de l’impact des ingérences étrangères dans les processus électoraux reste encore largement à écrire dans le cadre de l’après-Duvalier. Ces pierres d’achoppement sont conditionnées à la mise en œuvre de réformes constitutionnelles toujours attendues. Les controverses et les ambiguïtés concernent également le fonctionnement et les attributions de l’organisme électoral (permanent) et des partis et groupements politiques. À travers la question de l’absence du Conseil électoral permanent depuis 1987, ce sont les limites du (de la) politique, la faillite collective, la mauvaise foi des uns (dirigeants) et l’impuissance des autres (opposants) qui devront être indexées. Mais la responsabilité est générale : les opposants d’aujourd’hui étaient les dirigeants d’hier. Personne, mais alors personne, n’avait imaginé un tel gâchis.
Dans cette configuration de défaut de démocratie, les derniers amendements constitutionnels opérés sous la présidence de René Préval, c’est l’histoire d’un rendez-vous manqué, d’un flop. Ou plutôt la chronique d’une série de falsifications, si l’on en croit l’ancien sénateur Steven Benoit et Robert Magloire, Conseiller spécial du président Préval. L’essentiel d’entre elles forge le nouveau cadre de formation du conseil électoral permanent (art. 192). Ce qui fait question ici, c’est donc un traitement institutionnel – pour ne pas dire étatique – de la fameuse question du Conseil électoral permanent par les trois pouvoirs, particulièrement dénoncé – et à raison – par plusieurs secteurs et personnalités actifs de la vie publique. Coupée en plein élan, pleine de rebondissements, décriée en grande partie, la réforme constitutionnelle devient le dommage collatéral de ces prétendues falsifications. L’attitude vacillante du président Michel Joseph Martelly, pris dans un tintamarre ahurissant, va définitivement l’enterrer. La manière dont la Constitution est mise en œuvre ou a été révisée a affecté la crédibilité de la classe politique et l’image du pays dans son ensemble.






Commentaires
Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à réagir.