La disparition d’une partie du corps du délit lundi, dans le cadre du dossier d’assassinat de Me Monferrier Dorval, au greffe du tribunal civil de Port-au-Prince continue de défrayer la chronique. Dans les médias traditionnels et sur les réseaux sociaux, les réactions fusent de toutes parts. En dépit du tollé provoqué à travers le monde par l’assassinat odieux de cette figure emblématique de l’intelligentsia haïtienne, il n’empêche qu’un premier signal vient d’être lancé par la justice dans le cadre de ce dossier. Il n’y a pas eu de cambriolage du tribunal de première instance de Port-au-Prince où est logé le greffe. Il n’y a eu non plus aucune effraction au greffe du tribunal. Les serrures du classeur contenant le corps du délit du dossier de l’assassinat de Me Dorval n'ont pas été défoncées, mais une partie du corps du délit a  mistérieusement disparu. C’est en quelque sorte ce qu’a rapporté le doyen du tribunal civil de Port-au-Prince mercredi  matin après le rapport verbal du greffier Sauvens Junior Télémaque qui détient les clés du classeur.

Compte tenu de l’importance de l' enquête sur l’assassinat du bâtonnier Dorval, le doyen du tribunal,  en accord avec le commissaire du gouvernement, sollicite l’expertise de la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) pour faire la lumière sur la disparition d’une partie du corps du délit. Au greffe du tribunal de première instance de Port-au-Prince, la disparition de corps du délit est monnaie courante. Il en est de même au parquet du tribunal de ce ressort. Dès lors que le corps du délit est constitué d’espèces sonnantes et trébuchantes, de drogue, d’armes à feu, de tableaux de valeur, de bijoux, il y aura une situation quelconque qui va conduire à la disparition ou au vol. Dans la plupart des cas, c’est le cambriolage du tribunal de première instance de Port-au-Prince. Dans d’autres cas, il s'agit d'un récit imaginaire d’un greffier sur la disparition du corps du délit. Différentes personnalités, dont des juges, des avocats, des cadres supérieurs du ministère de la Justice, sont parfois de mêche avec les greffiers dans la disparition de corps du délit. Malgré cette mauvaise pratique, le décanat du tribunal de première instance de Port-au-Prince et le parquet ne s'en sont jamais montrés préoccupés.