« Non, papa… Non. M pa gen moun k ap ban mwen. Lajan moun ki nan men mwen. » Bras ouverts, une dame dans la soixantaine pleure à chaudes larmes. Le marché a brûlé et avec lui, toute sa marchandise. Ses espoirs. Son remboursement à la banque. L’avenir de ses enfants. Elle s’agite, crache son désespoir. Devant cette infamie, elle ne dispose que de sa voix entrecoupée par des sanglots, un flot de larmes et ces mots teintés d’une souffrance infinie.
Ce dimanche 25 octobre 2020, dans la salle de REV Cinéma, à Pétion-Ville, cette scène filmée dans « Madan Sara » suivant une réalisation d’Etant Dupain provoque des frissons. On aimerait bien que ça reste dans le cadre d’une fiction. Et pourtant. C’est un pan de la vie de ces marchandes qui jouent pieds et mains pour contrecarrer les coups durs de la vie. C’est la résilience de ces femmes haïtiennes qui trouveront malgré tout assez de force pour tout surmonter. C’est l’histoire de nos « Madan Sara », ces piliers de l’économie locale.






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