Plusieurs productions cinématographiques africaines sont en lice dans des festivals d’envergure ; d’autres, comme "Citation", partent à la conquête de Netflix. Décidément, le cinéma africain ne se contente plus d’être dans l’ombre. Il se fait voir partout sur la planète. Cette révolution récente n’échappe point à l’observation de l’équipe de Sinenouvèl, la structure derrière le festival Nouvelles Vues Haiti. « On s’est dit qu’il est de bon ton qu’on fasse écho, dans notre festival, de cette montée en puissance du cinéma africain qui ressemble au nôtre sur bien des aspects. Ce sont à peu près les mêmes personnages, les mêmes histoires qui se déroulent dans des paysages tropicaux comme chez nous. Notre but c’est de faire ressortir ce cousinage, d’une part, et, d’autre part, on veut capitaliser sur le fait qu’ils parviennent à se propulser très haut en dépit des mêmes problèmes de budget, de distribution et de la rareté de salles obscures. Et cela sans compter les crises socio-politiques qui les tenaillent comme c’est le cas pour nous autres », témoigne Wendy Désert, présidente de l’association.
Un autre aspect crucial derrière cette 4e édition, c’était le souci de faire la promotion du court-métrage en Haïti. « Le court-métrage est une force pour le cinéma africain et bien d’autres continents qui connaissent pour l’heure une progression de leur visibilité, on a cru devoir le pousser chez nous aussi », explique Séphora Monteau, coordonnatrice du festival.Par conséquent, un concours a été initié en mars. Le dévoilement des gagnants, prévu initialement pour mai (puisque c’est le mois au cours duquel le festival s’organise d’habitude), a été reporté au mois de novembre à cause de la pandémie de Covid-19. À ce sujet, Séphora Monteau ne cache pas la perplexité qui les anime tous même quelques jours avant le lancement de cette quatrième. « On est conscient de l’insécurité, des problèmes sanitaires, mais on a la conviction que l’art et le cinéma en particulier ont ce pouvoir de nous reconnecter avec nous-même. Organiser ce festival dans ce contexte, c’est aussi résister, militer. On est en mode résilience », ajoute-t-elle.






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