La mission de l’Union évangélique baptiste d’Haïti (UEBH) annonce cette semaine qu’elle déménage de la zone de Bolosse (sud de Port-au-Prince) où elle s’était établie depuis 78 ans. La nouvelle ne surprend personne. Le quartier de Bolosse et ses environs sont contrôlés par des groupes armés. À défaut d’être surpris, le déménagement forcé de l’UEBH de son quartier général devrait nous interpeller. Après plusieurs décennies dans la zone, la mission évangélique, qui regroupe plusieurs institutions de grande renommée, dont le STEP, le Collège évangélique Maranatha et l’Église baptiste de Bolosse, devrait être comme la carte postale de Bolosse et de ses environs. Elle devrait constituer un élément majeur de l’identité de la zone. Elle devrait appartenir à la communauté. Au contraire, l’institution en est chassée.

Si l’UEBH est forcée d’abandonner son quartier général après 78 ans, à qui la faute ? À l’institution qui n’a pas su intégrer la communauté dans ses projets ? À l’État qui a failli à sa mission de protéger les vies et les biens ? Chacun peut avoir ses réponses à ces questions, mais une chose est sûre, il y a matière à réflexion. Il est évident que notre société est en pleine déchéance. Cela ne date pas d'hier. La maladie s’aggrave. Les crimes horribles qui endeuillent les familles haïtiennes au quotidien en sont la preuve. L’État, à travers ses institutions, peine à protéger la société des dérives. L’État est visiblement en faillite.