À l'occasion de la Journée internationale de la lutte contre la corruption, la structure Ensemble contre la Corruption (ECC) regroupant plusieurs organisations de la société civile, dans un communiqué en date du 9 décembre, s'est prononcée sur la situation actuelle du pays. En plus du fait que le président est le seul élu à diriger le pays, elle dénonce « la mise en péril de la gouvernance démocratique ; la mise au rencart des principes de la bonne gouvernance ; le climat de violence généralisé fait de kidnapping, de tueries, de massacres et d’exécutions sommaires ; l’odieuse collusion des gangs criminels avec les tenants du pouvoir ; l’attitude de la communauté internationale agissant comme partenaire du chaos. »

Pour l'ECC, le président a non seulement orchestré le vide au niveau du pouvoir législatif, mais aussi son administration s’acharne à profiter de ce vide en publiant un ensemble de décrets mettant ainsi en danger la stabilité des institutions démocratiques et du système de gouvernance du pays. « Depuis son arrivée au pouvoir, le président Moїse n’a organisé aucune élection, ni pour renouveler le tiers du Sénat en l’année 2017 ni pour l’autre tiers du Sénat en 2019, ainsi que les élections locales. Il a donc intentionnellement et sans gants agi contre les institutions républicaines et démocratiques pour asseoir un pouvoir personnel. [...] Comme au temps de la dictature, Monsieur Jovenel Moїse et son gouvernement dirigent le pays unilatéralement et sans partage. Ils se mettent ensemble pour engager le pays dans une logique de confrontation en cherchant à rester au pouvoir au-delà de la fin de son mandat constitutionnel arrivant à terme le 7 février 2021», poursuit l'ECC.