« My first stage in 8 months », lâche Burna Boy, la chemise entièrement ouverte sur son pantalon et ses tablettes de chocolat toutes tatouées... pour un public qui n’attendait que sa performance. En effet, Ils ont passé des heures à attendre, là devant le podium, entassés jusqu’à concurrencer des sardines. Ils ont pu tuer le temps, misant sur l’herbe ou la nicotine, la danse et les mix des dj. Ils n’ont pas lâché. Sinon grimper la pente raide sur des talons hauts, subir les assauts du froid des hauteurs de Laboule 12 ou encore s’accrocher derrière une motocyclette jusqu’au lieu de rendez-vous, tout cela aurait été vain. Il est 2 heures 55 minutes du matin, le chanteur de renommée internationale vient d’entamer ses premières notes pour ce soir, et visiblement, le public n’était pas le seul à être impatient.

 Sur la scène, le roi de l’afro fusion est dans son élément. Cette sensation de renouer avec les hourras et les applaudissements de la foule lui avait manqué. Beaucoup. On a l’impression qu’il ne souhaite rater aucune seconde de ce renouvellement. La preuve, il enchaîne les morceaux sans perdre de temps dans les palabres ni sans prendre du temps pour respirer. Il ne s’arrête que pour se rafraîchir la gorge très rapidement avec quelques gouttes d’eau. Sous les yeux de sa mère, sa manager, qui connaît tous ses morceaux par cœur, il s’amuse, danse et chante pour le bonheur de tous ces gens amassés devant lui. Le sien aussi. Au final, l'artiste nous sert plus d’une quinzaine de morceaux et en full band, en plus. Le public n’aurait pas été mieux servi par un artiste international venu tout droit de l’aéroport, qui a troqué le playback contre de vrais musiciens.