Le professeur Jacques Abraham, directeur adjoint des affaires académiques à l’Institut des sciences, des technologies et des Études avancées d’Haïti (ISTEAH), vient de publier chez l’Harmattan, L’Ecole haïtienne : Entre ségrégation et rapports sociaux d’inégalité. Pour l’auteur, la ségrégation raciale à l’école est un produit social qui est indissociable des rapports sociaux d’inégalité dans le contexte scolaire haïtien, c’est-à-dire qu'elle est l’image superficielle qui reproduit fidèlement les rapports sociaux d’inégalité dans les salles de classe.

D’après Jacques Abraham, il semblerait que la discrimination vécue à l’école par un groupe d’élèves soit bien souvent la conséquence d’un processus de fragilisation socioéconomique de certains parents qui se répercute sur l’apprentissage des élèves et leur réussite scolaire. Il note que les différentes dimensions de la précarité ne sont pas sans incidence sur certaines écoles en Haïti. Les causes de la précarité de l’école haïtienne sont multiples. Outre les problèmes politiques et les catastrophes naturelles, l’auteur avance que l’école haïtienne fait face à des problèmes tels la grève répétée et l’irrégularité des enseignants, surtout dans les écoles non prestigieuses et publiques, la séparation scolaire et les différents types d’établissement, la langue d’enseignement, le niveau de formation et de qualification des enseignants, l’inconfort de certains bâtiments scolaires, les curriculas et les manuels scolaires à travers lesquels se tissent les éléments de colonialité de l’élève haïtien.