« Ces chiffres traduisent dans la réalité la destruction des richesses, provoquée, entre autres, par les troubles sociopolitiques (peyi lòk) et la crise de la Covid-19. En conséquence, beaucoup plus de familles sombrent dans la pauvreté et l’extrême pauvreté », a affirmé Kesner Pharel, qui a présenté les différents indicateurs économiques et financiers enregistrés cette année en Haïti. Le patron du Group Croissance a souligné que la croissance économique de ces dernières années, variant entre 1,2% à 1,5%, est trop faible pour éradiquer la pauvreté en Haïti. Pour l’économiste, le gouvernement se montre optimiste quand il a fait une prévision du PIB autour de 2,4% pour l’exercice 2020-2021 alors que ses partenaires, dont le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale, tablent leurs prévisions de croissance respectivement autour de 1,3% et 1,4%.

Outre le produit intérieur brut, l’inflation et le taux de change sont les autres indicateurs économiques sur lesquels l’économiste Kesner Pharel a fait le point. Il a fait référence auxdits indicateurs au mois d’août quand le taux d’inflation avait frôlé la barre de 28%. « Dans un pays où les taux de chômage, de la pauvreté et de l’extrême pauvreté sont aussi élevés, un tel niveau d’inflation ne fait que réduire le pouvoir d’achat des gens, c’est-à-dire leur capacité à acquérir des biens et des services », a indiqué le numéro un du Group Croissance, soulignant que le taux d’inflation en rythme mensuel a connu une augmentation de 3,3%. Toutefois, depuis le mois de septembre, une certaine baisse a été observée au niveau de l’inflation. En octobre 2020, l’inflation a baissé autour de 21,6%.