Le président Jovenel Moïse n’y est pas allé avec le dos de la cuillère en dégainant ses menaces. « Nous avons déjà commencé à surveiller beaucoup de choses dans le pays (…)  Nous avons pris la décision de créer l’Agence nationale d’intelligence (ANI)  afin de surveiller les ‘’vakabon’’ au pays. Yon nèg lè lajan grate w, w ap fè sa k pa sa avè l, n ap met pwa grate dèyè w, sa vle di pou lajistis mete w yon kote … Quand quelqu’un utilise son argent pour déstabiliser le pays, c’est du terrorisme. Nous vous surveillons, n ap rive sou ou », a poursuivi le président avant de prévenir ses adversaires politiques qu’ils ne pourront plus agir comme en 2018, 2019 et 2020.

Pour des acteurs politiques et de la société civile, le président Jovenel Moïse « assume son statut de despote ». « Par cette dernière déclaration, il assume son statut de despote », a insisté le Dr Stéphane Michel de Nou Pap Dòmi. « Le président, de fait, a tous les pouvoirs. Il les exerce de manière autocratique, a indiqué Dr Stéphane Michel. Il ordonne à l’organisme qu’il a créé en violation de la Constitution et en faisant fi des alertes citoyennes, de la société en général ainsi que des partenaires internationaux, d’effectuer une surveillance sur des citoyens haïtiens opposés à son projet politique. C’est effrayant mais il reste cohérent dans l’illégalité, la violation des principes démocratiques », a-t-il poursuivi, esquissant le caractère du pouvoir. « C’est un pouvoir personnel de jouissance et tyrannique qui veut imposer à la nation sa volonté sans discussion », a indiqué le médecin qui pousse ses interrogations. « Ce serait intéressant d’entendre les sénateurs, sont-ils aussi espionnés ? La presse est-elle espionnée ? Les délégations étrangères sont-elles espionnées ? », s’est-il demandé.