« Je ne me séparerai de mes activités de forgeron qu’une fois six pieds sous terre. J’adore mon travail. J’adore quand je façonne le fer comme bon me semble. J’aime frapper et scier le métal. Je n’ai cure du feu qui me brûle parfois les pieds ni continuellement les mains », raconte Ricœur Bruno en nous montrant ses doigts mangés par le feu. Les risques d’un métier comme le sien. Cependant, ne lui parlez surtout pas de faire une pause. Encore moins de penser à la retraite.

Pour comprendre cet attachement sans bornes de Ricœur Bruno, il faut remonter à son enfance. Son père, Province Bruno, héritier d’une dynastie veille de plus de 200 ans, exécutait son art sous ses petits yeux curieux. « Ainsi, j’ai commencé en travaillant avec mon père dès mon plus jeune âge. J’étais encore en classe préparatoire quand je lui apportais mon aide à l’atelier. Jusqu’au jour où j'ai laissé tomber définitivement l’école pour mes activités à la forge. J’étais en classe de moyen 1 », explique celui à qui, à l’époque, on a collé le surnom de Ti Bòs.