Depuis le 7 février 2021, avec l’arrestation d’un juge de la Cour de cassation et de plus de 20  autres personnes pour complot contre la sûreté de l’État, Haïti est plus présente dans les médias internationaux. Comme c’est souvent le cas, ce n’est pas en bons termes, mais parce que le pays est en crise. Celle-ci est caractérisée par le dysfonctionnement du Parlement depuis plus d’un an, la paralysie à répétition du système judiciaire et une Constitution mise en veilleuse. Sans oublier un pouvoir exécutif qui dirige en maître et seigneur. Les conséquences d’une telle situation sont visibles sur le quotidien des Haïtiens. L’économie se meurt. L’insécurité notamment le kidnapping fait rage. Les gangs armés accusés d’être proches du pouvoir imposent leur loi sans être inquiétés par les forces de l’ordre tandis que la police déclare la guerre aux citoyens qui manifestent contre le kidnapping.

La réalité contraste avec le discours des autorités qui, dans leur prise de parole, en Haïti comme à l’étranger, cherchent à montrer qu’elles ont le contrôle de la situation. Grâce aux technologies de l’information et de la communication, on a entendu l’intervention du président Jovenel Moïse devant le Conseil de sécurité des Nations unies ce lundi. Le chef de l’État n’a pas raté l’occasion de souligner  «son combat» contre les «oligarques corrompus». Avant l’arrivée de Jovenel Moïse au pouvoir, Haïti figurait parmi les pays où l’indice de corruption était le plus élevé au monde. Qu’est-ce qui a changé depuis la prise de fonction de Jovenel Moïse en 2017 ? Avant l’arrivée de Jovenel Moïse au pouvoir, les inégalités sociales étaient criantes. Qu’est-ce qui a changé aujourd’hui ? Le pays attend encore les résultats de cette lutte contre la corruption que claironne le chef de l’État.