La dernière fois où la directrice du Collège Canapé-Vert, madame Franck Paul, a vu son médecin, le Dr Ernst Pady, en chair et en os, dans sa clinique à Canapé-Vert, c’était le 20 février dernier. Le meurtre de cet homme, abattu devant sa clinique, à Chemin-des-Dalles, le dimanche 28 février, sous l’œil de caméras, a révolté cette directrice d’école qui a vécu déjà dans sa chair le kidnapping. En effet, le fils de Mme Paul, le professeur de philosophie Jean-Hervé Paul, le cadet de ses trois enfants a perdu la vie parce qu’il ne voulait pas plier l’échine devant les assaillants qui voulaient l’enlever chez lui, dans la maison maternelle, à Canapé-Vert. Les ravisseurs ont brûlé la cervelle de Jean-Hervé et sont tranquillement partis, laissant une veuve éplorée, une fille de cinq ans inconsolable et un grand vide qui aura toujours la forme du professeur de philosophie dans le cœur des élèves du Collège Canapé-Vert.

Madame Franck Paul est un roseau. Comment cette octogénaire arrive-t-elle à tenir encore debout ? Comment, à 85 ans, peut-on puiser un reste de courage pour avancer dans un pays moralement et physiquement en ruine ? Un pays en miettes.