Plusieurs taux de change se pratiquent sur le marché des changes, constate l’homme d’affaires, Réginald Boulos, qui en dénombre au moins six dans un tweet. Ce constat n’échappe pas à l’attention de l’économiste Etzer Émile qui a expliqué sur les ondes de Radio Magik 9, cette semaine, les causes du dérapage sur le marché des changes. Dans ses explications, l’auteur du livre intitulé : « Haïti a choisi de devenir pauvre », a avancé le financement monétaire du déficit budgétaire, au 18 février 2021, à hauteur de 31 milliards de gourdes. « Ce montant représente 70% des 39 milliards de gourdes autour desquelles le gouvernement et la Banque de la République d’Haïti (BRH) se mettaient d’accord à ne pas dépasser en termes de financement monétaire pour cet exercice fiscal qui prendra fin le 30 septembre prochain », a indiqué Etzer Émile, soulignant que cela dérange l’équilibre sur le marché des changes.   

L’économiste a aussi analysé la situation du marché des changes depuis la mise en application de la circulaire 114-2. « La BRH a décidé que 30% des transferts vont sur le compte des maisons de transfert domicilié chez elle, 40% aux institutions financières et 30% aux agents autorisés. On sait qu’il y a des banques qui sont propriétaires des maisons de transfert. Cela va sans dire que certaines banques vont capter 70% des transferts. Le marché informel sur lequel se faisaient 50% des transactions en dollars ne capte que 35% des dollars en circulation. Quand on sait que la BRH vend le billet vert uniquement aux institutions financières et aux grands importateurs et que les banques commerciales, de leur côté, rechignent à vendre le dollar depuis un certain temps, on comprend vite que le grand perdant final, c’est le consommateur », a expliqué l’économiste Etzer Emile.