L’administration Moïse-Jouthe a rarement pris les mesures pour poursuivre des officiels du gouvernement et des forces de l'ordre accusés dans de graves violations des droits humains, a affirmé le département d’État des États-Unis d’Amérique, dans son rapport 2020 sur la situation des droits humains dans le monde dans le chapitre sur Haïti et rendu public, mardi 30 mars 2021. « Il y a des rapports crédibles d’implication d’officiels dans des pratiques de corruption et des groupes de la société civile font état d’une impunité très étendue », lit-on dans ce rapport, plus spécifique en soulignant que les « mesures suffisantes » n’ont pas été prises pour appréhender des membres de gangs, incluant au moins un ancien policier, Jimmy Chérizier, alias Barbecue, accusé d’avoir orchestré des tueries, des viols et des destructions de propriété. 

Le rapport du département d'État enfonce le clou. « Alors que les autorités clament poursuivre les enquêtes sur les attaques de 2018 et de 2019 dans les quartiers de La Saline et du Bel-Air ayant fait des douzaines de morts, au mois de décembre, le gouvernement n’a trainé devant la justice aucun responsable de ces actes. Parmi ceux qui sont impliqués dans ces violences, figurent Jimmy Chérizier, Fednel Monchéry et Joseph Richard Duplan qui étaient des officiels du gouvernement lors des attaques à La Saline », soutient le département d’État des États-Unis qui a évoqué de nombreux rapports sur des tueries arbitraires et illégales « perpétrées par des gangs armés prétendument supportés par des membres du gouvernement ».