Les jours passent, la crise multiforme haïtienne s’aggrave. Tout espoir d’une solution haïtiano-haïtienne à la crise s’aménuise. La dernière tentative de Religions pour la Paix pour emmener les acteurs à la table de négociation s’est soldée par un cuissant échec. Avant Religions pour la Paix, il y avait les appels des Américains, du Core Group, de l’ONU et d’autres instances pour une entente entre les Haïtiens qui n’ont pas été écoutés. On doit aussi citer l’échec des multiples tentatives de dialogue mort-nées du président Jovenel Moïse depuis son arrivée au pouvoir. On se rappelle des Etats généraux sectoriels de la nation qui avaient mobilisés d’importantes ressources financières. On se rappelle aussi du processus de dialogue lancé par l’ancien Premier ministre Jean-Henry Céant sur instruction du chef de l’Etat. Un processus que le président Jovenel Moïse avait lui-même ridiculisé en public.
Depuis, beaucoup d’eau a coulé sous le pont. Le pouvoir exécutif a englouti les deux autres pouvoirs de l’Etat. L’opposition s’est émiettée davatange. Les groupes armés se sont renforcés au grand dam de la Police nationale d’Haïti (PNH) qui peine à jouer son rôle. Les Forces armées d’Haïti (FAD'H) remobilisées par le président Jovenel Moïse ne donnent toujours pas signe de vie. La communauté internationale, quant à elle, multiplie les tweets et les rapports sur notre tragédie marquée par l’augmentation au quotidien du coût de la vie, des enlèvements et assassinats spectaculaires, la vassalisation des institutions, la corruption…Dans ce contexte, le dialogue interhaïtien pour mettre fin à la crise apparaît de plus en plus comme un voeux pieux.





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