« J’ai ressenti un besoin très profond, il y a quelques années, d'aller à la rencontre de mes racines haïtiennes, de mieux connaître cette culture, ce pays, toute cette partie de mon histoire familiale. Lorsque j'y suis revenue pour la première fois depuis mon enfance en 2016, je ne saurais vous expliquer pourquoi mais je me suis sentie tout de suite chez moi, accueillie immédiatement. J'ai été très impressionnée aussi par les artistes que j'ai pu rencontrer en Haïti, par cet élan vital et créatif qui anime ce pays malgré toutes les difficultés qu'il traverse. De là est né mon désir de prendre part, d'une certaine manière, à la vitalité artistique du peuple haïtien et d'y contribuer à ma manière. J'ai ainsi créé en 2017 un festival international de piano afin de partager la musique que j'aime et qui peut, je crois, nous emmener vers un univers de beauté, de paix, vers une forme de spiritualité. Être ensemble lors d'un concert, dans une écoute commune est presque une forme de communion au-delà des différences. C'est en tout cas ainsi que j'imaginais ce festival : un espace de rencontre où le temps s'arrête et où le beau peut se révéler », confie Célimène Daudet, qui est née en France, d’une mère haïtienne et d’un père français.

Pour Célimène Daudet, cet album « Haïti mon amour » revêt un cachet tout particulier. «C’est probablement le plus singulier de mes albums», assure celle qui, dans le cadre de ce projet, a rencontré plusieurs grands noms de la musique classique haïtienne. «Ce projet s'est construit peu à peu grâce à de précieuses rencontres avec des musiciens haïtiens. Je pense au pianiste David Bontemps, qui vit à présent à Montréal et qui avait donné un très beau concert à Jacmel lors du festival en 2017. Il avait notamment interprété des œuvres de Justin Elie et il m'a permis d'entendre pour la première fois ce compositeur et surtout il m'a ouvert la porte vers l'univers de la musique classique haïtienne que j'ignorais jusqu'alors. Il y a eu aussi la rencontre avec la pianiste Micheline Laudun Denis. Je me souviens d'un très bel après-midi passé chez elle à parler musique. Elle m'a offert certains de ses disques et là aussi cela m'a permis de découvrir un pan de la musique classique haïtienne. Enfin, je citerai le musicologue Claude Dauphin qui m'a beaucoup appris et qui a écrit un livre passionnant sur la musique en Haïti.»