Pour Me Madistin, la police a envoyé un mauvais signal en reprenant l’arme mise au service du juge d’instruction Renord Régis. « Si un juge traite un dossier sensible et qu’au lieu de le renforcer dans ce qu’il fait, vous lui enlevez le matériel qui a été mis à sa disposition, vous voulez lui montrer qu’il est à présent seul. Vous le rendez vulnérable et le mettez dans une situation où il n’est plus libre d’agir comme il veut ou de faire son travail en toute indépendance. C’est un message terrifiant que la police envoie. La PNH a pris une position à caractère politique », a dénoncé Me Madistin. Selon lui, cette décision ne serait justifiée que si après une évaluation de la situation sécuritaire de la personne à qui on accorde la sécurité rapprochée, la police estimerait qu’elle ne court plus de danger. Or, dans le cas du magistrat Régis, on ne peut pas dire honnêtement que sa situation sécuritaire a changé.

Conscient que la justice haïtienne n’a pu faire aucun grand procès ces dernières années, le militant des droits de l’homme déclare qu’obtenir justice pour Me Dorval sera un combat de longue haleine. « Un procès de cette envergure n’aura jamais lieu tant qu’il n’y a pas une réelle volonté politique », a-t-il affirmé. « Regardez par exemple le procès de Jean Dominique, cela fait 21 ans que le dossier est au cabinet d’instruction. Il n’y a jamais eu de volonté politique pour accompagner la justice en ce sens. S’il y a une résistance de l’État en ce qui a trait à l’organisation de ce procès, il n’aura jamais lieu. On doit être clair là-dessus. Nous devons casser cette résistance afin d’arriver à un climat favorable à la tenue du procès Dorval. Un climat où l’Etat répond à sa double obligation d’empêcher le crime et de sanctionner les criminels si par malheur une infraction est commise. C’est le concept de l’effectivité des droits », a fait savoir le membre fondateur de la Fondation Je Klere.