« #matisan: jour 25: RN2 bloke pi rèd », lit-on le vendredi 25 juin 2021 sur le compte twitter d’une femme, R.G, urbaniste, qui habite au sud de Port-au-Prince. Son « Twitter feed », télégraphique, raconte les tirs à l’arme lourde à 5 h 49 du matin, au milieu de la nuit et le blocage de cette route reliant Port-au-Prince à quatre départements. On bloque. Parfois c’est pour sauver les usagers de balles de tireurs embusqués.

«No end in sigh … New normal ». « Il n’y a pas de fin en vue. C’est le nouveau normal », a rapporté cette femme qui raconte l’enfer vécu par des populations de la 3e circonscription de Port-au-Prince dont des milliers se sont réfugiés dans des camps, encore heureux de ne pas finir dans l’estomac des chiens dévoreurs de cadavres.