Il y a un mois exactement, soit dans la nuit du 6 au 7 juillet dernier, le président Jovenel Moïse a sauvagement été assassiné chez lui. Un mois après, surgissent plus de questions que de réponses sur les circonstances de l’assassinat de l’ancien chef de l’Etat. Les interviews de sa veuve à des médias étrangers, le discours de son fils aîné à ses funérailles, les multiples points de presse des autorités haïtiennes et étrangères sur la question, les suppositions et révélations des médias nationaux et internationaux n’ont pas permis jusqu’ici de comprendre comment Jovenel Moïse, l’homme le mieux protégé du pays, a pu être tué dans sa chambre. Le dossier étant transféré au cabinet d’instruction, nous devons peut-être patienter, d'autant qu’un mois est un temps extrêmement court pour découvrir la vérité sur un dossier aussi complexe.

Un mois après l’assassinat de Jovenel Moïse, ce n’est pas seulement les questions sur le crime qui perdurent. On ne sait toujours pas dans quelle direction le pays va. Si l’ancien chef de l’Etat symbolisait tous les maux du pays aux yeux de ses adversaires politiques, son absence ne facilite pas un consensus pour mettre fin à la crise de gouvernance du pays. Comme après le départ d’Aristide en 2004 ou le séisme du 12 janvier 2010, c’est la communauté internationale qui impose sa solution à la crise haïtienne pour les graves conséquences que nous avons aujourd’hui.