En sortant de Camp-Perrin, après Mersan et avant de déboucher sur les rives voraces de la ravine du Sud, il faut tourner à gauche sur un petit sentier. Il n’y a pas de panneau mais, comme toujours en Haïti, on finit par tomber sur un GPS humain, un bon prochain prêt à vous indiquer le chemin. « C’est là ! Un peu plus bas », renseigne un homme, longiligne, aussi flexible qu’un guerrier massaï, la nuque en sueur, sec dans un ordre à son veau qu’il conduit vers des pâturages plus abondants, peu après 15 heures, samedi 3 septembre 2021.
En face d’un bosquet, le sillage de pneus sur le sol indique la route vers une petite colline où se trouve Camp-Gérard. Tout en haut, drapés dans le silence et l’indifférence, des roches, des pans entiers de maçonnerie des ruines du camp sont à terre. Par endroits, d’autres parties de ces ruines, projetées sur plusieurs mètres, semblent avoir explosé sous l’effet des ondes du séisme du 14 août 2021, 7.2 sur l’échelle de Richter. Juste à côté d’un mât au sommet duquel flotte encore le reste du drapeau national, on trouve cette plaque qui souligne l’importance de Camp-Gérard, ce lieu où les 5 et 6 juillet 1803, Dessalines et Geffrard se sont rencontrés pour consolider l’unité nationale dans la guerre de l’indépendance.






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