Ce lundi à la matinale de Magik 9, aucune interview n’était possible avec Chrislande Lafaille. La jeune femme, entre sanglots et cris, ruminait un mot, une supplication. « Libérez ma mère s'il vous plait », plaidait la jeune femme dont l’univers s’est effondré, hier dimanche. Son père, Sylner Lafaille, 60 ans, a mortellement été blessé par balle sur les parvis de la première église baptiste de Port-au-Prince en s’opposant au kidnapping de sa femme, Marie Marthe Laurent Lafaille. « Pourquoi nous ? », s’est demandé Chrislande Lafaille, restée chez elle, qui ne pouvait savoir que l’assemblée  religieuse fréquentée par ses parents depuis des lustres serait la cible des kidnappeurs qui écument les rues de Port-au-Prince en toute impunité.

Les kidnappeurs, à bord d’une Nissan Patrol immatriculée Service de l’État (SE), étaient en faction, épiaient, attendaient le moment de frapper. « Nous avons entendu les premiers coups de feu. Dans la panique, des fidèles ont essayé de s’enfuir », a confié à radio Kiskeya le pasteur Aly Loubert, blessé à la tête et au bras par des congénères qui tentaient de fuir les feux de l’enfer déchaînés sur le parvis de l’une des plus vieilles églises d’Haïti, située à un jet de pierre du Palais national, du grand complexe de la cité administrative et de la prison civile de la capitale.