C’est très esthétique aujourd’hui de coller l’étiquette, mort de covid-19 pour envoyer à l’orient éternel nos chers disparus. Assurément cette attitude-là n’est pas neutre. Mérès Weche, je ne pensais pas qu’on allait se servir de ta mort pour gonfler le bilan du Covid-19 en Haïti. Pays de comédiens, nos acteurs n’auront de cesse d’amuser la galerie.

Mérès Weche, parlons de peinture. On en a tellement parlé. La dernière fois que j’ai posé une caméra sur toi, c’était pour faire vivre dans la lumière un totem, dans cet atelier à Bourdon. En 2006, me disais-tu, tu avais réalisé, à Moulin sur Mer, une bonne douzaine de totems lors d’une semaine écologique soutenue par la FOKAL et le ministère de l’Environnement. Pour le dernier rescapé, j’ai produit, en mai dernier, une capsule vidéo que j’ai baptisée « Mérès Weche, ce totem a une histoire ». C’était ma manière à moi de saluer l’œuvre de l’artiste qui fait appel à des symbioses tainos et africains.