Le Nouvelliste : La phrase phare du Festival cette année est : Qui est contre l'égalité ? Quel sens cela a-t-il pour vous ? Pourquoi cette question ?
Guy Régis Jr : Il était temps que le plus grand festival des arts vivants de Port-au-Prince se penche sur la question de l’égalité et de l’équité. Nous vivons dans un monde injuste, inégalitaire. Et la question de l’égalité de droit entre femmes et hommes en Haïti est une affaire urgente. Tous nos milieux sociaux témoignent de notre retard crucial sur la question : dans la famille, le milieu éducatif, et surtout dans tout le milieu socioprofessionnel. Cette affaire-là, c’est notre affaire. Elle ne doit pas concerner que les femmes, qui représentent plus de la moitié de la population haïtienne. En tant que citoyens, nous devons agir pour changer cet état de fait. Un festival est un espace ludique, un lieu de réjouissances par les arts, mais surtout selon moi un endroit d’où l’on ne repart pas sans rien dans la tête. Avec ces débats que nous lançons chaque année pour une citoyenneté responsable, nous voulons dire que les artistes aussi sont concernés, qu’ils et elles sont porteurs de ces questionnements à partager avec la cité, le monde. Le monde des artistes ce n’est nullement un monde clos. Un artiste pense la société dans laquelle il vit. C’est d’ailleurs le lit de sa création. D’où part sa pensée. Pourquoi créerait-on, sinon ? Nous ne pouvons passer outre ce combat, cette grande lutte des femmes vers l’égalité de droit et de fait.






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