Avec Léon Charles, l'adage se confirme : sa k rive yon fwa, ka rive de fwa. Il a démissionné et repris la petite porte, 16 ans après son précédent échec au poste de directeur général de la Police nationale d'Haïti (PNH). M. Charles, pour le pire, entrera dans les annales de l’histoire de l'institution policière. Il est le seul ex-DG à redevenir DG, par la seule volonté du président Jovenel Moïse, en violation de la loi créant la PNH. Il est aussi le seul, en poste, lorsqu’un président, Jovenel Moïse, livré par sa garde rapprochée, s’est fait assassiner, chez lui, dans sa chambre à coucher. Le DG Charles, omniprésent dans la presse pour informer de la traque des assaillants colombiens et d’autres suspects de cet assassinat crapuleux, n’a jamais dit publiquement que le président Moïse lui avait demandé de l’aide, de voler à son secours avant de mourir.

Léon Charles, incapable de sauver la vie du président de la République, avait vécu une humiliation, un terrible moment de solitude, au Cap-Haïtien, lors des funérailles de celui-ci. Hué, copieusement insulté, M. Charles a même été traité d’assassin par des partisans du feu président Moïse. Il a quitté le site où Jovenel Moïse est inhumé en trombe, peu après l’évacuation à la hâte de la délégation américaine, menée par l’ambassadeur des États-Unis à l’ONU, Linda Thomas Greenfield. Léon Charles a fait le dos rond face à cette avalanche de critiques et d’insultes. L’homme avait développé la faculté d’être imperméable aux critiques à mesure qu’il collectionnait les revers.