Après trois jours de paralysie totale des activités à Port-au-Prince et dans les grandes villes du pays, les syndicats des transports en commun ont levé, le mercredi 27 octobre 2021, leur mot d’ordre de grève générale lancé pour protester contre l’insécurité. La grève est levée. La population peut se débrouiller pour se ravitailler. À partir du 3 novembre, les syndicats s’adresseront à la population, ont confié ces syndicalistes, dont le porte-parole de la FOSSAH (Fôs sendikal pou sove Ayiti), Jacques Anderson Desroches. Il a fustigé le comportement du gouvernement pour son mépris.. « Nous cherchons un seul accord. Et nous posons une question : qu’est-ce qui peut être fait pour empêcher la somalisation du pays ? », s'est interrogé Jacques Anderson Desroches, qui demande au gouvernement Henry de prendre ses responsabilités pour assurer la sécurité, fournir de l’essence à la population.

Ce mercredi, pour une troisième journée consécutive, le terminal pétrolier de Varreux n’a pas pu fonctionner, a appris le journal Le Nouvelliste. Des rafales d’armes automatiques ont été entendues dans les parages du terminal pétrolier de Varreux où le ministre de la Justice et de l’Intérieur, Lizt Quitel, s’était rendu pour une opération de communication. Le ministre, paré d’un casque et d’un gilet pare-balles de la PNH, des équipements de protection personnelle inaccessibles aux camionneurs et employés de ce terminal, avait affirmé mettre le pied à terre pour s’enquérir de la situation. « Je suis venu voir si toutes les entités concernées par la livraison du carburant sont sur place », a-t-il dit dans une courte vidéo postée sur les réseaux sociaux. « Au lieu de rester dans mon bureau, je me rends sur les lieux délégué par le Premier ministre qui m’a dit de venir sur place m’enquérir de ce qui se passe. Je patrouille depuis 5 heures du matin pour savoir ce qui se passe », a poursuivi le ministre Liszt Quitel. La presse a rapporté que le cortège du ministre a attiré la foudre des bandits armés qui contrôlent le secteur. La pénurie d’essence et ses conséquences humanitaires sont redoutées. Entre-temps, ce mercredi la porte-parole de la Maison-Blanche, Jen Psaki, a annoncé que les États-Unis vont appuyer la Police nationale d'Haïti (PNH) pour permettre l’acheminement de carburant dans les communautés.