Maria Abi-Habib, journaliste du New York Times, a réalisé une enquête fleuve sur un mobile possible de l’assassinat du président Jovenel Moïse. « Avant d’être assassiné en juillet, il avait commencé à dresser une liste de puissants politiciens et d’entrepreneurs impliqués dans le trafic de drogue en Haïti, avec l’intention de la remettre au gouvernement américain, d’après quatre hauts fonctionnaires et conseillers haïtiens chargés de rédiger le document », a écrit Maria Abi-Habib, citant le témoignage de Mme Martine Moïse, affirmant que les assassins colombiens qui ont fait irruption dans sa chambre, dans la nuit du 6 au 7 juillet, étaient venus chercher un document. « C’est ça », avaient dit ses assassins au bout d’un moment avant de prendre la fuite, avait confié la première dame Martine Moïse au NYT. « Lors de leurs interrogatoires, selon le NYT,certains des tueurs à gages arrêtés par la suite ont avoué que leur priorité absolue était de récupérer la liste sur laquelle travaillait M. Moïse, selon trois hauts fonctionnaires haïtiens au courant de l’enquête — une liste de noms de trafiquants de drogue présumés », a indiqué le New York Times.   Selon NYT, Jovenel Moïse, dans le cadre de l’élaboration de cette liste, avait instruit ses assistants de ne pas faire de quartier. « Le président, d’après ces fonctionnaires, leur avait ordonné de n’épargner personne, pas même les faiseurs de rois qui l’avaient propulsé au pouvoir — une mesure parmi d’autres, prises à l’encontre de trafiquants de drogue présumés, qui auraient pu motiver son assassinat », d’après le New York Times qui affirme que l’une personnalité centrale de cette liste est Charles « Kiko » St Remy, beau-frère de l’ex-président président Michel Martelly.                 

« Charles “Kiko” Saint-Rémy occupait une place centrale dans la liste de M. Moïse, selon deux des hauts fonctionnaires haïtiens chargés d’aider à rédiger le dossier. M. Saint-Rémy est un homme d’affaires haïtien que la Drug Enforcement Agency (D.E.A.), l’office américain de lutte contre les stupéfiants, suspecte depuis longue date d’être impliqué dans le trafic de drogue. Il se trouve qu’il est aussi le beau-frère de Michel Martelly, l’ex-président d’Haïti qui avait tiré M. Moïse de l’anonymat politique et l’avait désigné comme son successeur.M. Martelly, qui envisage de se représenter aux élections présidentielles, et M. Saint-Rémy étaient très influents au sein du gouvernement de M. Moïse. Ils avaient leur mot à dire sur tout, depuis l’attribution des contrats publics à la nomination des membres du gouvernement, d’après des fonctionnaires haïtiens à l’intérieur et au-dehors de son administration », a indiqué le NYT. M. Moïse, selon ses conseillers, « avait fini par estimer que les deux hommes faisaient partie d’un groupe d’oligarques qui muselait sa présidence ».