Déjà 30 ans depuis que la cité d’Alcibiade Pommeyrac présente son carnaval. C’est une tradition. À travers sa créativité, ses déguisements, son artisanat, la fierté qu’elle procure et l’hospitalité de ses riverains, le carnaval de Jacmel est devenu un patrimoine national immatériel. Et, chaque année, ils sont des milliers à faire le déplacement, venant de tous les départements du pays et même de la diaspora pour participer à cette grande manifestation culturelle. Peu importent les conditions socio-politiques difficiles. « C’est un rendez-vous annuel. Aucun chaos ni problème politique ni même un ‘’peyi lòk’’ ne pourrait empêcher la tenue du carnaval », nous explique Macky Kessa, maire de la ville de Jacmel. « Il est vrai que tout va mal à Port-au-Prince, mais Jacmel vit encore, pareil pour les autres départements du pays. La police, la justice, les hôpitaux fonctionnent toujours. Nous vivons à Jacmel et cette 30e édition du carnaval est une manière pour nous de le prouver », continue-t-il.

Accompagné d’un comité permanent depuis déjà 5 ans, le maire de Jacmel se montre très confiant quant à la réussite de cette ambiance culturelle et populaire. Au moment où il accordait l’entrevue à Ticket, il n’était pas en mesure d’affirmer si la ville aurait droit à la présence de groupes musicaux venant de Port-au-Prince. « Cela ne revient pas seulement à la mairie, le gouvernement a également son mot à dire pour faciliter leur présence », explique le premier citoyen de la ville qui en a profité pour demander à tous les acteurs concernés de se pencher sur la situation de Martissant. « On aimerait voir tout le monde au carnaval de cette année. En plus des gens venant du grand Sud du pays, nous espérons également les carnavaliers venant du Nord et surtout de l’Ouest. Mais pour cela il faut que les autorités s’accentuent sur la sécurité à Martissant et apportent une solution », insiste Macky Kessa.