Au pied du bassin versant de Kenscoff, à l’Est de la plaine du Cul-de-Sac, en face du Morne-à-Cabris, Croix-des-Bouquets, devenu un grand centre urbain, s’étend. Au fil des ans, en dehors de tout plan d’aménagement du territoire, les habitations de gens humbles et des maisons plus cossues construites avec les économies d’éléments de la classe moyenne, de la diaspora haïtienne ont côtoyé des pâturages, des terres agricoles, des fermes agricoles, des infrastructures d’irrigation, des usines, une zone franche industrielle, la route internationale qui conduit à Jimani, en République dominicaine, en passant par Ganthier et Fond-Parisien.

La vie se déroulait comme un long fleuve tranquille, les hommes et les biens pouvaient circuler librement. Mais depuis plus d’un an, il y a une multiplication des cas de kidnappings d'Haïtiens et de ressortissants étrangers, de vol de marchandises, le racket systématique de commerçants, d’entrepreneurs, d'assassinat de femmes, d’enfants, de policiers et d'accrochages armés répétés entre les forces de l’ordre et les gangsters, dont ceux tristement célèbre « 400 Mawozo », celui de Vitelhomme et d’autres affidés. La zone de Pernier, non loin de bassin général (rivière Grise), une  partie de Tabarre, Michaud, Coté, La Ferme, Dugué, Dagou, La Feroné, Duval, Nan Rémy, Noailles, Digneron, La Tremblay sont devenus des no man’s land.