Un public trié sur le volet composé notamment d’écrivains a été témoin de cette distinction reçue par l’auteure ce vendredi soir, des mains de l’ambassadeur de France en Haïti. Pour la femme de Lettres, ce titre témoigne d’une sorte de « reconnaissance » pour son travail.
« Cette reconnaissance concerne mon parcours en Haïti et d’abord le travail que j’ai accompli en Haïti où je vis et celui qui a eu un certain écho en France et ailleurs. Mes romans, mes essais, mes nouvelles, les articles que j’ai écrits ont toujours eu comme fil souterrain la manière particulière de décliner ici en Haïti la condition humaine. Mon enseignement à l’ENS en Haïti comme mon court passage au Collège de France, mes engagements dans les associations en Haïti comme en France ou ailleurs participent du même esprit : reconnaître la place centrale d’Haïti dans la construction de la modernité et surtout la remise en question des aspects de cette modernité. En ce sens Haïti occupe une place emblématique. Elle est le premier pays du Sud et inaugure les rapports Nord-Sud. Elle est la première qui oblige à décentrer la pensée dominante vers un autre universel. Et les mutations du monde d’aujourd’hui reposent précisément sur cet enjeu et ce défi. Le chemin est long, très long mais il commence pour ces puissances d’aujourd’hui à intégrer à leur récit national, le fait colonial. Et pour le faire nous devons prendre le risque de l’inconfort.






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