Le Nouvelliste : Vous êtes le directeur artistique d'une association dénommée BALISAILLE. Vous venez de lancer le prix international de l’invention poétique et de la traduction en langues créoles. Présentez-nous ce projet.

Faubert Bolivar : À BALISAILLE il nous a paru nécessaire d’apporter notre contribution, aussi modeste soit-elle, au combat pour que la poésie continue d’exister, souverainement. Comme vous le savez, la poésie, alors qu’elle est un genre majeur, est paradoxalement le parent pauvre de l’édition. Au point que les poètes migrent parfois vers d’autres genres. Le prix international de l’invention poétique et de la traduction en langue (s) créole (s) nous permet de plaider en faveur de la création poétique, si vous permettez cette expression. C’est la raison pour laquelle nous avons laissé une grande liberté aux candidat.e.s. Vous l’aurez remarqué, il n’y a pas beaucoup de contraintes. Il suffit d’avoir au moins 25 ans et de présenter une œuvre d’au moins trente pages, en français ou en créole, surprenante par son originalité et sa puissance créatrice, rythmique ou métaphorique. C’est un prix pensé par des poètes.ses pour des poètes.ses. «Nou mete tout moun alèz.»