L’ex-Premier ministre Evans Paul estime qu’il faut, s'appuyant sur les dispositions constitutionnelles spécifiques, décréter l’état de siège afin de donner plus de liberté d’action à la Police nationale d'Haïti et aux Forces Armées d'Haïti (FAd’H) dans le cadre de leurs opérations pour lutter contre l’insécurité, notamment le kidnapping. « L’état de siège est une mesure exceptionnelle qui permet à la police et à l’armée d’avoir plus de liberté d’action dans le cadre de leurs opérations », a-t-il confié au journal Le Nouvelliste, vendredi 11 mars 2022. «  Si le gouvernement donne à la police et à l’armée la couverture de l’état de siège, cela leur donnera une marge qu’il faut bien sûr limiter », a nuancé Evans Paul.

« Le 7 juillet 2021, le PM Claude Joseph avait décrété l’état de siège. A cette époque, un spécialiste, Me Patrick Laurent, dans les colonnes du journal Le Nouvelliste, dans la rubrique Parenthèse juridique, avait démontré les bases constitutionnelles pour prendre l’état de siège à travers les articles 278, 278-1, 278-2 278-3 et 279 », a indiqué Évans Paul. « Cela affectera le fonctionnement des médias; c’est traité par l’article 28-1 de la Constitution », a poursuivi l’ex-Premier ministre Evans Paul, qui croit nécessaire tout un train de mesures. « L’état de siège doit être associé à certaines dispositions. Il faut renforcer les capacités de la Police nationale d'Haïti (PNH), avoir un fonds de compensation pour encourager les policiers et policières exemplaires, demander aux anciens militaires, aux anciens policiers qui n’ont pas de mauvais dossiers de rejoindre la police. Il faut décréter une campagne de sensibilisation de la population. Jusqu’à présent, il n’y a pas un numéro de téléphone de la PNH ou du gouvernement pour que la population puisse signaler des mauvaises actions, ce qui pourrait permettre à la police d’avoir des informations », a expliqué Evans Paul, qui se fend d’une mission.