Pour un Assaut à la nuit, nous écouterons Pierre Brisson qui nous donnera le goût de lire «Nedje» de Roussan Camille. Et si on lisait « Nedje ». Ce poème est si beau que les parents de cet opérateur culturel établi à Saint-Marc le nomme « Nedje » pour se souvenir de ce texte qui leur a offert l’occasion d’avoir François Nedje Jacques. Tout le monde l'appelle Nedje. Ainsi, ce poème habite son nom comme l'esprit et le corps investissent une ville.

Le poète-diseur Jean-Durosier Desrivières, pour sa part, voue un culte à « Nedje », ce poème qui illumine ''Assaut à la nuit'', paru sous les presses de l'imprimerie de l'État, à Port-au-Prince, en 1940. Sous la plume, dans Potomitan, nait un chant : « Il est des poèmes et des poètes qui vous obligent à vous attarder dans leur univers, à y prendre pied, en dépit de tout. Indigénisme, négritude, négrisme, « noirisme »… tout cela peut vous irriter. Rien que des théories, des concepts, des idées à générer crainte et méfiance perpétuelles chez certains lecteurs. Mais le chant poétique – hors tout champ catégorique, carcéral, hormis son propre champ, ouvert, en marge des œillères, stipule toujours un possible émerveillement. Serait-il ainsi de celui de Camille ? »