Ce que la population haïtienne vit ces derniers temps est inimaginable. Cela semble dépasser les dix plaies d’Egypte. La guerre des gangs dans la plaine du Cul-de-Sac n’est que la pointe de l’iceberg. Grâce à la magie de la technologie, le monde entier a suivi en direct les scènes horribles de centaines de personnes fuyant leurs maisons pour se mettre à l’abri des balles perdues des gangs. Si le bilan provisoire de cette guerre fait état de 39 morts, il est difficile, voire impossible, d’évaluer ses impacts sur la population. Peut-être ne saura-t-on jamais les conséquences de ces luttes intestines sur la santé mentale des enfants, jeunes et vieux laissés à la merci des bandes armées. Ni le nombre exact des victimes, tuées ou blessées. 

Le système éducatif déjà branlant paie un lourd tribut à ce climat délétère. Depuis deux semaines, la majorité des écoles de la plaine du Cul-de-Sac gardent leurs portes fermées. Certains s’interrogent, à raison, si les élèves ne vont pas perdre le reste de l’année scolaire. Sur le plan économique, il est trop tôt pour dresser un bilan de cette guerre des gangs. Il est cependant à craindre que des entreprises ferment définitivement leurs portes faute de tranquillité pour poursuivre leurs activités.