Le Nouvelliste (L.N) : Wébert Charles, votre dernière publication poétique remonte à 2013. Vous vous êtes par la suite concentré sur la critique littéraire et sur l’édition. Pourquoi nous revenir près de 10 ans après avec un recueil de poèmes ?

Wébert Charles (W.C) : Je me rappelle qu’un journaliste avait posé cette question à l’écrivaine Evelyne Trouillot qui avait répondu à cette époque de manière générale « que la littérature ne pardonne pas des infidélités ». Je pense que la poésie est une exception pour plusieurs raisons. D’abord parce qu’un poète, même s’il embrasse d’autres genres, finit toujours par produire de la poésie car la poésie est peut-être le seul genre littéraire qui sait, avec aisance, se débarrasser du carcan du formalisme. La poésie n’est pas une forme, c’est un discours. J’ai tenté, surtout en faisant la récension d’œuvres poétiques, de restituer dans le texte critique le discours poétique. Je me suis posé pas mal de questions sur la posture du critique littéraire face au poème. Comment entrer dans le poème dans une posture de critique littéraire ? Tout discours sur la poésie n’est-il pas condamné à être poème ? Le poète argentin Roberto Juarroz fit dire à Novalis que « la critique de la poésie est une absurdité ». Je dirai que pour sortir de cette absurdité, il faut entrer dans le poème. Être poète.