La crise haïtienne s’envenime quotidiennement. Le pouvoir des gangs armés- qui prennent plusieurs quartiers de la capitale haïtienne et de certaines villes de province en otage- est la face visible de la détérioration de cette crise qui plonge toute une population dans le désespoir. Une population qui est prise entre deux feux : la terreur des gangs et le cynisme des politiciens et de leurs alliés de la communauté internationale.

Après l’assassinat d’un inspecteur de police à l’intérieur d’une église au cours du mois de juillet écoulé, la mise à sac du parquet de la Croix-des-Bouquets, l’incendie partiel de la Cathédrale de Port-au-Prince, la paralysie des activités au centre-ville à cause de la guerre des gangs, il est étonnant qu’aucune autorité ne tire les conséquences ni même se prononce. Aucune mesure à la dimension des événements tragiques n’a non plus été annoncée. La Police nationale d’Haïti, sur tous les fronts dans la lutte contre les gangs, continue de faire ce qu’elle peut, mais elle est jusqu’ici incapable de ramener la paix dans le pays. D’ailleurs, l’institution continue elle aussi d’être la cible des bandits. On ne compte plus les policiers tués par les gangs depuis qu’ils imposent leur loi. Le cas le plus récent est celui de l’agent de l’UDMO, Anthony Dumas, dans l’Artibonite la semaine écoulée.