Pour avoir grandie et été élevée dans une famille de footballeurs, Monique Etienne, dès l’âge de 4 ans, marche sur les traces de son grand-père, de son papa Derrick Etienne Sir et de son frère, Derrick Etienne Jr, en faisant connaissance avec un ballon de football. Et depuis, dit-elle, elle ne fait que caresser le rêve de devenir une footballeuse professionnelle, et ce, avec pour objectif principal de jouer un jour pour la sélection haïtienne de football.
« Dès mon plus jeune âge, j’éprouvais une grande passion pour le football. Enfant, j’avais en tête l’idée de devenir une footballeuse professionnelle. Pour être honnête, à cet âge, je ne pense avoir tout compris, mais j’avais la volonté manifeste d’imiter les membres de ma famille puisqu’ils sont tous des footballeurs », a déclaré Danielle, la fille de l’ancien attaquant international d’Haïti et des Roughriders de Long Island.
La sœur cadette de Carice Etienne a, dans sa jeune carrière, fréquentée en 2015-2016, l’Archbishop Spalding HS, New York City FC (2017) et Paramus Catholic High School avant de rejoindre la section féminine de l’université Fordham Rams en 2019 pour lancer enfin sa carrière au niveau senior.
Evoquant la venue de Danielle Etienne au sein de l’équipe de Fordham Rams, l’entraîneure en chef américaine de cette équipe, Jessica Clinton ne tarit pas d’éloges à l’égard de la cousine d’Omre Etienne, autre joueur de la famille Etienne qui a joué pour Haïti en moins de 20 ans.
« J’ai vu Danielle pour la première fois en 2017 au sein de l’équipe de New York City Football Club DA. Dès mon premier coup d’œil, j’ai été impressionnée par sa touche de balle. Elle se déplaçait partout au milieu de terrain, soit en arrière et/ou au centre. Je me suis dit, wow cette gamine est polyvalente, mais aussi technique, avec la capacité d’exploser et de suivre la vitesse intense du jeu. Il faut qu’elle vienne au sein de notre équipe », a-t-elle dit de Danielle qui allait devenir un pion important dans le dispositif tactique et technique de cette équipe avant de signer officiellement ce 23 mai 2023 avec l’équipe de Paisley Athletic FC qui évolue dans la USL.
Depuis 2017, Danielle Etienne côtoie le football féminin haïtien pour avoir participé au Championnat féminin U-17 de la Concacaf en 2018 au Nicaragua ; au Championnat féminin U-20 de la Concacaf en 2018 à Trinité-et-Tobago, à la Coupe du monde féminine U-20 de la FIFA en 2018 en France, au Championnat de la Concacaf, qualificatif aux Jeux olympiques à Houston en 2020 aux États-Unis, sans oublier le Championnat féminin U-20 de la Concacaf en 2020 en République dominicaine. En faisant ses débuts en senior le 3 octobre 2019 contre le Suriname, Danielle n’a disputé que les deux tours (février et avril 2022) de qualification pour le mondial féminin qui se tiendra en Australie et Nouvelle-Zélande avant de disparaître des radars.
Après avoir raté le stage au Costa Rica (25 juin et 2 juillet 2022), Danielle Etienne avait brillé par son absence lors du Championnat féminin de la Concacaf, tenu en juillet à Monterrey, au Mexique et lors de la tournée européenne effectuée au Portugal. Son absence se fait sentir dans l’entrejeu de l’équipe nationale. Elle a, contre toute attente, débarqué en Nouvelle-Zélande avec les Grenadières qui devaient disputer les barrages pour composter un billet donnant accès à la coupe du monde. Elle n’a pas été seule puisqu’elle a été accompagnée avec son premier né, Ezekiel James Etienne-Armstrong.
«L’année 2022 et le début de 2023 m’ont apporté à la fois mes plus grands défis et mes plus grandes bénédictions. Dieu m’a aidé à faire face à mon plus grand défi d’apporter la vie au monde et par la grâce de Dieu, le 22 décembre 2022, j’ai eu ma plus grande bénédiction, Ezekiel James Etienne-Armstrong », a-t-elle écrit sur sa page Facebook tout en ajoutant, après avoir accouché, un mois après, qu'elle retourne sur le terrain pour préparer les barrages continentaux avec Haïti.
« Juste un mois plus tard, je me suis retrouvée face à mon prochain plus grand défi, me mettre en forme pour me qualifier pour les éliminatoires de la Coupe du monde. J’ai travaillé plus dur que je n’aurais jamais pu l'imaginer », a reconnu celle qui a laissé comprendre que sa famille et ses coéquipiers l’ont soutenue dans ce long voyage de sang, de sueur et de larmes, car elle n’aurait jamais imaginé réaliser deux grands rêves en seulement trois mois.
Les sacrifices consentis par Danielle Etienne ne sont pas passés inaperçus puisqu’elle a été honorée par le Maire de Paterson, au New Jersey, sa ville natale, Andre Seyegh, qui lui a remis une plaque d’honneur en signe de félicitation pour la qualification des Grenadières pour la Coupe du monde. De son côté, le maestro de la formation musicale Klass, Jean Hérard Richard, en guise d’hommage, avait lui aussi dédicacé un maillot avec les noms de Danielle Etienne et Melchie Dumornay.
Bien qu’elle ait été présente lors des barrages intercontinentaux, Danielle Etienne qui n’était pas encore apte à jouer, n’avait disputé la moindre minute. Selon toute vraisemblance, elle aura du pain sur la planche pour reprendre sa place au milieu de terrain, si l’on tient compte de la présence de Jennyfer Limage, Sherly Jeudy et de l’indéboulonnable Melchie Dumornay.
Danielle Monique Etienne qui a avoué qu’elle aime le traditionnel bizutage pour intégrer les néophytes au sein de l’équipe nationale, se montre très optimiste à l’idée de reprendre sa place au cœur du milieu de terrain haïtien en se basant sur sa philosophie de jeu.
« Profitez de chaque occasion pour tout donner en jouant au football, car vous ne savez jamais quand cette opportunité n’existera plus. La leçon que vous devez retenir c’est que la façon dont vous vous comportez, ne reflète pas seulement vous-même mais aussi votre famille, votre équipe et votre pays », rappelle Danielle Monique Etienne qui sera, sans l’ombre d’un doute, présente en juillet prochain en Australie pour aider Haïti qui doit affronter dans le difficile groupe D face aux équipes de l’Angleterre, de la RP Chine et du Danemark.






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