Joséboabam avait assimilé le paradis à une baise interminable. Il tint cette conception de ses premiers parents. Ève, n'a-t-elle pas troqué le sexe pour la morne éternité ? La pensée qu'Eden était le rêve éclaté dont les brisures éparses ne pouvaient se reconstituer que dans la magie unificatrice de l'amour l'avait toujours pourchassé. C'est vrai que le sexe, lieu sacré de l'éternelle fête, de la création réelle et imaginaire, attire les hommes, voire les anges. (Consultez la Bible). C'est évident qu'étant sésame du paradis, joie suprême, il est l'attraction des plaisirs physiques et spirituels. Le sexe appelle à l'harmonie entre l'être véritable et l'être apparent ; il n'invite pas « Toi » et « Moi » qui faisons « deux » à un rapport de force. « Toi » et « Moi » prenons corps dans le « Nous deux » qui invite à l'échange, au dépassement. Le sexe, enfin, c'est l'unité active consignée dans cette formule à la Prévert : « un et un font un quand on s'aime ». On dirait que le baiser était dans le temps avant les étoiles. « Et si Dieu le père l'avait trouvé bon, c'est qu'il l'avait voulu ainsi », se disait Joséboabam. Dieu est grand ; l'amour est infini.
Pour toutes ces considérations qui faisaient de l'amour des êtres vivants un sentiment détourné vers le dialogue des corps, Joséboabam aimait démesurément l'amour. Les créatures troublantes créaient un champ magnétique dans sa structure mentale, véritable force de pensées sensuelles. Il voyait le sexe partout. Une figue introduite dans la bouche de quelqu'un, un pilon dans un mortier, le cœur tranché d'une pomme, la main enroulée autour d'un objet. Tout le faisait bander.






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