La mise en scène s'ouvre sur un décor qui en dit long. Pneus usagés, gallon jaune, tôles rouillés, carcasses de téléviseurs, immondices, entre autres, occupent la scène. Au milieu de ce désordre, trois comédiens ( Wood-Kendy Louis, Vladimy Antoine et Abhélard Mirtzy Francois ) donnent voix au texte de Gaëlle. Il s'agit d'une manifestation de rue qui serait transformée en cauchemar. Une femme est atteinte d'une projectile. La fameuse balle perdue (Yon bal mawon ). « ... Des balles, elles ne sont jamais perdues. Elles viennent toujours se loger quelque part », a rappelé un personnage.

La situation est tendue. Les deux jeunes tremblent d'effroi et échangent autour du fait. Par moment, les détonations dégainent. Ils se jettent par terre. Ils voient la mort les rôder. Ils couchent à nouveau par terre. L'échange continue, ils se confient. Ils reviennent sur un ensemble de faits portant sur les problèmes que traverse le pays où la mort semble etre à chaque coin de rue. « Il n’y a aucune différence entre mourir et mourir à petits feux », a cité un des comédiens pour rappeler qu’ici se côtoient des morts-vivants.