Le livre achevé, on peut se surprendre à le reprendre au début pour revivre la façon dont l'auteur décrit Gonaïves, la localité de Haute-Feuille mais aussi la culture de son pays. La langue de Samuel est simple, très descriptive, sans fioritures. Il écrit avec une économie de mots, choisissant chaque terme avec soin pour sa capacité à évoquer des images et des émotions fortes. Ses descriptions de Gonaïves et de Haute-Feuille sont si vivantes qu’elles peuvent vous transporter dans les rues animées et les champs verdoyants d'Haïti. Samuel ne se perd pas dans les complexités stylistiques ; il préfère laisser l'histoire et ses personnages parler d'eux-mêmes. Son écriture est un hommage à la beauté de la simplicité.

Paul Constant est mort. Une mort tragique et brutale. C’était un jeune homme plein d’avenir qui aimait la littérature et les livres. « Il était juste un mec qui se cherchait, en toi, en moi, et en toutes celles qu’il avait connues[..]. Deux femmes qui l’ont connu décident de parler de leurs rencontres et de leur vie avec Paul. Elles se rencontrent dans un bar aux Gonaïves. Elles évoquent les souvenirs les plus précieux qu’elles ont vécus avec Paul. Comme s’il n’y a pas d’homme sans souvenirs. Le roman de Samuel nous apprend que le cœur de l’homme n’est qu’une forêt de souvenirs. Nous vivons avec des souvenirs qui habitent en nous, des souvenirs qui planent sur notre ombre. Les deux personnages racontent aussi l’absence. Comment ils ont vécu avec Paul, leur vision de l’amour, la rupture. Le roman est parfois intimiste. L'auteur nous plonge dans les pensées et les sentiments des personnages, nous permettant de comprendre leurs expériences et émotions de manière très personnelle. Le style est direct et sincère, ce qui rend la lecture à la fois accessible et touchante. On se retrouve face à des récits de vie authentiques, où chaque détail semble résonner avec nos propres réflexions intérieures.