Regard sur le néologisme conceptuel oxymorique ‘‘enracinerrance’’ de Jean-Claude Charles.
La langue vit de ses mots, de ses locuteurs. Ils en sont le sang. Les locuteurs, eux aussi, dépendent des mots pour communiquer et vivre dans la société. Ce qui signifie que les usagers ont constamment besoin des mots pour penser, décrire des réalités du monde et des pratiques quotidiennes, exprimer leurs pensées et leurs sentiments, car toute prise de contact avec les choses ou les éléments de l’univers se fait par l’intermédiaire des mots. Ils sont un carrefour donnant accès/ ouvrant la voie à l’inconnu.
La langue, comme système ouvert, vit de la créativité des usagers, surtout du travail continu des spécialistes des sciences ou des activités techniques. Le linguiste E. Benveniste le souligne avec intérêt dans Problèmes de linguistique générale (t.2) en expliquant que la langue n'est pas un ensemble figé. « Elle n’est pas un répertoire immobile [...] Elle est en elle-même le lieu d’un travail incessant’’, car une langue « qui ne connaîtrait aucune forme de néologie serait déjà une langue morte », a fait savoir le lexicographe avéré Bernard Quemada, dans le 2ᵉ numéro de la Banque de mots, 1971. Jean-Claude Charles donne sa participation pour la vitalité de la langue en forgeant le concept enracinerrance.






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