D’après l’enquête FinScope réalisée en 2018, environ 46 % de la population haïtienne demeuraient encore exclues du système financier à la date de référence de l’enquête. Pourtant, l’accès à ce système peut constituer un outil important de lutte contre la pauvreté. L’accès à certains produits financiers peut faciliter la création de la richesse pour une partie de la population et aider les autorités à en toucher d’autres à travers des politiques publiques ciblées. En ce sens, une meilleure intégration des ménages et des entrepreneurs dans le secteur financier formel, ainsi que l’accès aux produits et services financiers pourraient les aider à améliorer leur niveau de vie et avoir un impact positif sur le développement économique du pays. L’adoption du document de Stratégie nationale d’inclusion financière (SNIF) était alors devenue nécessaire pour des pays comme Haïti, confrontés à des défis liés à la mobilisation de l’épargne, au financement des programmes et à l’exclusion financière.

Selon la Banque mondiale, l'inclusion financière est « la capacité des individus et des entreprises à accéder à une gamme de produits et services financiers utiles et abordables (transaction, paiement, crédit, épargne et assurance), offerts par des fournisseurs fiables et responsables. Pour la Banque centrale, l'inclusion financière est « un état de développement du système financier où, grâce à des mécanismes efficaces et sécurisés, une large gamme de produits et services financiers est accessible à tous les individus et entreprises haïtiens, de manière rapide, abordable et sécurisée ». Pour sa part, le Fonds monétaire international (FMI) met l’accent sur l’importance cruciale de l’inclusion financière pour les ménages, car elle leur permet d’accéder à des financements essentiels, facilite la régulation de leur consommation, la couverture de dépenses significatives et l’épargne pour l’avenir.