La première fois que j’ai rencontré Maurice Léonce, c’était à Jérémie, dans sa résidence. J’ai été invité par mon ami poète Darly Renois, qui signait alors son recueil Retay mo (Freda, 2019). Darly m’accompagnait dans les rues de cette ville qui m’envoûtait par sa beauté, sa fraîcheur et l’hospitalité de ses habitants. Pour me faire découvrir les grandes figures de Jérémie, il m’a emmené chez Maurice Léonce, poète et patriarche respecté.

Dès que nous avions franchi le seuil de sa résidence, j’ai été saisie par la présence de Maurice, par son discours sincère, sa franchise et la vivacité de son esprit. Assis là, entouré de ses livres, il m’avait parlé de sa vie de footballeur, de son amour pour Jérémie et de l’âme de cette ville qu’il chérissait tant. Maurice avait un don pour évoquer Jérémie ; ses mots rendaient hommage à chaque coin de rue, à chaque visage. Il connaissait sa ville comme sa poche : les familles, les histoires, les anecdotes. Quand il me parlait de Jérémie, j’avais l’impression qu’il était né avant elle, qu’il l’avait vue grandir. J’aimais son charme, son sourire, sa passion pour la mer et la géographie de cette ville. En quittant sa maison ce jour-là, je savais que j’avais rencontré un homme extraordinaire.